Le désherbage des cultures, la précision jusque dans les prairies.

Face aux nombreux enjeux auxquels l’agriculture est confrontée, les nouvelles technologies apportent des réponses concrètes.

L’entretien des parcelles mobilise beaucoup de temps et de moyens. Avec la hausse du coût des matières premières, il devient indispensable de trouver des alternatives. Grâce au développement de l’intelligence artificielle et des technologies en général, le secteur prend un nouveau virage : il s’agit de produire efficacement tout en préservant les ressources, en réduisant le temps de travail et en maîtrisant les coûts.

Quelles solutions ?

Les robots de désherbage, de plus en plus présents sur le marché, en font partie. Les modèles sont nombreux et très variés : autonomes ou non, compacts ou plus imposants, à désherbage mécanique ou par pulvérisation. Chacun a ses avantages et ses limites.

Le désherbage mécanique

Les robots de désherbage mécanique se répartissent en deux catégories. Certains sont équipés de leurs propres outils (herses, bineuses…), comme le robot Oz de Naïo ou le FarmDroid FD20. D’autres disposent d’un attelage trois points qui permet d’utiliser ses propres outils, comme l’AgBot d’AgXeed. Tous sont autonomes et guidés par GPS RTK. Selon le modèle, ils fonctionnent sur batterie (Oz), à l’énergie solaire (FarmDroid) ou avec une motorisation diesel-électrique (AgXeed).

Ces robots présentent plusieurs atouts :

  • Moins de pénibilité et un gain de temps : leur autonomie permet un désherbage quasi continu, pendant que l’agriculteur se consacre à d’autres tâches.
  • Un tassement des sols limité, grâce à leur faible poids (Oz) ou à leurs chenilles (AgXeed).
  • Une bonne précision, grâce au guidage GPS RTK.

Le désherbage chimique

Deux types de solutions existent : les systèmes qui équipent les pulvérisateurs classiques et les robots conçus pour la pulvérisation localisée.

Du côté des pulvérisateurs, les constructeurs proposent chacun leur approche. Horsch permet la pulvérisation en bandes sur ses pulvérisateurs grâce à des porte-buses coudés. Evrard module la dose avec sa technologie OptiSpray, qui sélectionne automatiquement les buses. Amazone détecte les adventices par caméras avec son pulvérisateur UX 5201 SmartSprayer, développé avec Bosch et xarvio. Le système On’row, conçu par Syngenta et fabriqué par Solhead, complète cette offre. Bandes, modulation de dose ou détection des adventices : de quoi s’adapter aux besoins de chaque exploitation.

À côté de ces équipements, certains robots sont spécialement conçus pour la pulvérisation ultralocalisée. On parle d’ultralocalisation, et non de simple localisation, car la précision est bien supérieure : les zones traitées se comptent en centimètres, contre quelques dizaines de centimètres avec les autres systèmes. C’est le cas du robot ARA d’Ecorobotix ou du Rumbojet d’Allgäu Automation.

Cette technologie présente plusieurs avantages :

  • Une baisse de la consommation de produits phytosanitaires, et donc des coûts : jusqu’à 95 % pour l’ARA et jusqu’à 98 % pour le Rumbojet, selon leurs fabricants.
  • Une très grande précision.
  • Un fonctionnement de jour comme de nuit (ARA).
  • Une efficacité en prairie.

Ces robots permettent une action ciblée en prairie, notamment sur les rumex : le Rumbojet est d’ailleurs conçu spécifiquement pour cela et le ARA dispose d’algorithmes dédiés au à la reconnaissance des rumex. Les autres systèmes le proposent rarement, la plupart étant développés pour les grandes cultures, les céréales et le maraîchage.

Dans Innov’sûre, nous nous intéressons aux technologies pertinentes pour les agriculteurs, et en particulier pour les éleveurs. Le robot ARA et le Rumbojet peuvent être une solution pour répondre à leurs besoins face aux enjeux agricoles actuels.

Sources

Pauline Alexandre


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